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LYCEE/Rite
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La baccalauréat ayant totalement perdu sa valeur de rite de passage, autrefois marqué par un monome carnavalesque, les lycéens sont conduits à rechercher des produits de substitution. L'intronisation n'est plus assurée par l'examen, mais par la transformation, à l'approche du troisième trimestre, du monde lycéen en jury collectif mettant en examen le ministre de l'éducation. Chaque génération se doit d'en faire tomber un.
Golden parachute
Il est urgent que l'Elysée sache que l'hôte de la rue de Grenelle n'est que la victime émissaire à sacrifier au printemps sur l'autel de la jeunesse qui s'émeut d'être propulsée à 18 ans dans un âge adulte qui n'offre pas d'autres avantages que d'avoir à répondre de ses actes. Les charmes de l'enfance méritent bien un combat social visant à en prolonger les avantages, un peu comme d'autres se battent pour leurs avantages acquis. Ceci étant désormais su — pourvu que l'on prête une attention collective à ce qui est ici écrit — il conviendra à l'avenir de doter les Ministres de l'Education d'un Golden Parachute leur permettant d'accepter de se soumettre aux caprices assez imprévisibles des actionnaires de l'Education Nationale et sa gigantesque cohorte de petits porteurs de parts. Après tout, on sait d'avance que tout l'appareil va se mettre en branle pour garantir que plus de 80% des élèves de terminale touchent, au moment du bac, des dividendes. Et que ces dividendes sont d'autant plus élevés que le troisième trimestre a été consacré à travailler les dividendes dans la rue plutôt que le programme en classe.
Golden boys
Les lycéens savent mieux que quiconque que l'échec au bac est réservé à ceux qui font tout pour échouer sans être vraiment certains d'y parvenir — sauf à ne pas se présenter à l'examen. Et ils savent aussi qu'ils ont tout intérêt — provisoirement — à en dire le moins possible sur la fragilité de leurs acquis. Sait-on jamais… Il faut quand même conserver la possibilité de monnayer son bac au moins en famille… Et donc maintenir aussi vivante que possible l'angoisse des parents à l'approche de l'examen. Un « Ouf ! » de soulagement peut facilement se troquer contre un joli cadeau. En fait, un cadeau dont la valeur est directement liée à la valeur du bac au moment des dix-huit printemps de celui qui régale. Plus c'est loin, et plus ça valait cher. |
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