 Fin de récré
Pour une refondation de l'école
Paris : Jean-Claude Gawsewitch, 2008.
320 pages, 19,90 € Le 15 mars est sorti en librairie le quatrième opus consacré par Jean-Paul Brighelli à l'Ecole, ou du moins à ce qui en reste et qui mériterait, à ses yeux, un sacré lifting pour sortir le système éducatif français des ornières dans lesquelles il a été précipité par les gourous des sciences de l’éducation. Le ton s’est assagi. L’heure n’est plus à la diatribe : les trois ouvrages précédants ont ouvert la route (La Fabrique du Crétin, À Bonne Ecole et Une Ecole sous Influence). Après les tirs de mine contre l’imposture d’une formation des maîtres dominée par les sciences de l’éducation, plutôt que par les disciplines à enseigner. Après le bulldozer passé sur l’illusoire méthode globale et les cohortes de dyslexiques qui s’en réclament. Après le rouleau compresseur passé sinon sur le baccalauréat, du moins sur ses statistiques lénifiantes, qui dissimulent sa totale démonétisation. Voici venu le temps plus sage où, les brèches étant largement ouvertes, on peut esquisser un nouveau genre : tracer à grand traits les pistes d’une refondation du système scolaire, de la Maternelle au premier cycle universitaire. Si vous êtes déjà impreigné des Brighelli I, II et III, ce Brighelli IV se lit d’un trait, et vous apporte à la fois une récapitulation, un décantation et une cristallisation des volumes antérieurs. Est-ce à dire qu’il n’y a rien de bien neuf ? Ce serait ne pas voir à quel point ce quatrième opus est effectivement une réécriture, mais alimentée et documentée par le mouvement lancé par le coup de gueule initial. Le cri solitaire s’était déjà fait cri exemplaire, offant à toutes sortes d’enseignants désemparés des clefs de lecture de leurs désarrois assez isolés. Aujourd’hui, après avoir sifflé la fin de la récré, ce serait — enfin — le retour au ton doctrinaire. Restaurer l’AP ie l’autorité pédagogique et son arbitraire, sans laquelle il n’y a pas d’inculcation possible. Mais alors, pourquoi inclure Bourdieu et Passeron dans le réquisitoire ? Il me semble qu’ils ne faisaient qu’énoncer une loi aussi générale que le théorème d’Archimède. A-t-on fait le procès d’Archimède lors du nauffrage du Titanic ?
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